
Mythologie grecque
Dieu de la mer
Poséidon est, dans la mythologie grecque, le dieu de la mer, le maître des séismes et l’un des seigneurs des chevaux. Il commande aux marées, aux tempêtes et aux routes maritimes ; dur et changeant de tempérament, il peut ouvrir un passage aux navigateurs comme répondre à l’offense par les vagues furieuses, les rochers fendus et les sources salées.
Mer, séismes, chevaux, tempêtes, navigation
Trident, hippocampe, vagues, chevaux, source salée
Poséidon est le fils de Cronos et de Rhéa, le frère de Zeus, d’Hadès, d’Héra, de Déméter et d’Hestia. Dans les généalogies les plus anciennes, il appartient aux grandes puissances divines déjà formées avant l’établissement de l’ordre olympien ; après que Zeus a renversé Cronos, lui et ses frères se partagent le monde : la mer revient à Poséidon, le monde souterrain à Hadès, le ciel et la royauté de l’Olympe à Zeus. Ce partage ne diminue pas sa dignité ; il fait plutôt de lui une force comparable à Zeus, mais jamais vraiment docile.
Poséidon est d’abord le maître de la mer, mais aussi le dieu qui ébranle la terre. Les vagues, les tempêtes, les courants cachés, les ports et les routes maritimes relèvent de son pouvoir, tout comme les tremblements du sol et les fissures des roches sont souvent attribués à sa colère. Son arme la plus reconnaissable est le trident : il symbolise à la fois sa domination sur la surface des mers et sa force capable de fendre la pierre, de faire jaillir les sources et de remuer la terre. Poséidon entretient aussi un lien étroit avec les chevaux ; de nombreuses traditions l’associent aux coursiers et aux chars, faisant de lui autant une puissance violente des profondeurs marines qu’un élan primitif lancé sur la terre ferme.
Dans de nombreux mythes, Poséidon apparaît sous les traits d’un dieu puissant et querelleur. Lorsqu’il dispute à Athéna la protection de l’Attique, il frappe d’abord le rocher de son trident et en fait jaillir une eau salée ; Athéna, elle, plante l’olivier, offrant à la cité un don plus durable pour sa survie. Les dieux finissent par donner la victoire à Athéna, et la cité de l’Attique prend le nom d’Athènes. Poséidon perd cette rivalité, mais ne disparaît pas pour autant : les rivages, les ports et les tempêtes demeurent les frontières où sa présence se fait sentir.
Dans les traditions liées à la guerre de Troie, il intervient aussi avec force dans les conflits humains : tantôt il aide un camp à bâtir ou à détruire des murailles, tantôt il se tourne vers le camp adverse, révélant l’instabilité de ses alliances. De nombreux récits soulignent que sa colère ne s’apaise pas facilement : une fois offensé, les routes maritimes deviennent périlleuses, les retours sont retardés, et même les héros peuvent errer longtemps sous sa poursuite. Le difficile retour d’Ulysse est souvent considéré comme l’un des échos les plus nets de cette colère divine.
Dans d’autres traditions, Poséidon est aussi lié aux îles, aux chevaux, aux sources, aux tyrans et à la royauté maritime. Il est à la fois celui qui donne et celui qui réclame ; il peut faire jaillir l’eau de la terre comme il peut précipiter les navires au fond des flots. On ne le tient jamais pour un dieu que l’on apaise à la légère : on le considère plus souvent comme une immense puissance qu’il faut approcher avec prudence.
Poséidon est honoré sur les côtes, dans les ports, près des détroits et dans les rites associés aux chevaux. Navigateurs, pêcheurs, colons et cités littorales peuvent lui offrir des sacrifices pour obtenir une mer calme, une route sûre et un retour sans retard. Dans le Péloponnèse, à l’Isthme et dans de nombreuses régions côtières, il possède des cultes prestigieux : il est à la fois protecteur local et autorité maritime dépassant les frontières. Son culte porte toutefois toujours une forme de crainte respectueuse : on le remercie, mais on se méfie de lui, car les faveurs du dieu de la mer ont toujours leur revers — tempêtes, naufrages, destructions semblables à des raz-de-marée, autant d’autres faces de son pouvoir.
Poséidon n’est pas la surface tranquille de la mer, mais sa profondeur ; il n’est pas un amer stable, mais la main qui décide si la route sera ouverte ou non. Son caractère mêle l’orgueil d’un roi à l’impatience et à la brusquerie d’une force primitive ; il sait garder rancune comme il sait se montrer généreux, faire naître une source salée dans une fente de pierre comme entraîner toute une côte dans la fureur des vagues. Face aux dieux davantage liés à l’ordre et à l’artisanat, il incarne un monde plus ancien et plus difficile à dompter : la mer, les secousses, les chevaux lancés au galop, le bruit des marées et cet horizon que les humains ne parviennent jamais tout à fait à contrôler.